 Robert SCHUMANN ( 1810 - 1856 ) | Robert Schumann (8 juin 1810, Zwickau - 29 juillet 1856, Endenich, désormais un quartier de Bonn) était un compositeur allemand du mouvement romantique.
Fils d'un libraire de province, d'une bourgeoisie modeste mais cultivée, Robert Schumann nait le 8 juin 1810, à Zwickau.
Hector Berlioz était né quelques années plus tôt (1803), Felix Mendelssohn était né un an plus tôt (1809), Frédéric Chopin est né la même année (1810). Franz Liszt allait naître l'année suivante 1811 et Richard Wagner en 1813.
Très vite passionné par la musique et surtout la littérature, le jeune Schumann ne fut pas, loin de là, un enfant prodige. C'est naturellement que sa mère, à ses dix-huit ans, soit deux années après la mort de son père, l'envoie étudier le droit à l'université de Leipzig. Seul dans une ville qu'il n'aime pas, étudiant une matière qui ne l'intéresse pas, Schumann fréquente alors les sociétés musicales et les meilleurs amateurs de Leipzig. C'est ainsi qu'il rencontrera Friedrich Wieck, professeur éminent, génial pédagogue mais sans talent créatif, qui allait devenir son maître vénéré, puis le persécuteur d'un amour naissant. Wieck avait fait de sa fille Clara, alors âgée de neuf ans, l'une des enfants prodiges les plus brillantes de son temps, et c'est en l'entendant que Robert décidera de se placer sous la direction de son austère et intransigeant père.
Rapidement, il éprouve le besoin de voyager. Ce seront Francfort, la Suisse et enfin l'Italie, mère patrie de tous les musiciens d'alors. À Pâques 1830, il entend jouer Niccolo Paganini. Si Moscheles, le pianiste, avait éveillé en lui la flamme de la musique, c'est Paganini dont il se souviendra, plus tard, comme d'une révélation. Enfin, et s'en remettant à l'arbitrage de Wieck, il écrit à sa mère une lettre lui annonçant l'arrêt de ses études de droit, et avec la bénédiction de son maître, se lance dans la musique, définitivement.
Les débuts de Schumann : piano et premières amours [modifier] Se lançant à corps perdu dans l'étude du piano, Schumann s'installe alors chez son maître. Il travaille avec acharnement, des heures durant, le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach. Il a pour ambition de devenir un virtuose. C'est à la même époque qu'il prend, avec Dorm, ses premiers cours de composition. Mais ce pédagogue austère et académique rebute bien vite cet esprit fantasque et poète. « Pour lui, dira-t-il plus tard, la musique n'est que fugues ».
Il compose ses toutes premières œuvres, pour piano : variations ABEGG, Papillons. Trop lents sont ses progrès pianistiques, et dans sa frénésie, il invente un appareil pour travailler l'indépendance des doigts, avec une poulie accrochée au plafond. Au printemps 1832, sa main est définitivement paralysée. Robert ne sera jamais virtuose. Accident ou autocastration, il sombre à l'automne 1833 dans une profonde dépression que ne fait qu'aggraver l'épidémie de choléra qui sévit alors en Allemagne. Le 17 octobre, il se sent perdre la raison, et tente de se défenestrer.
Émergeant d'une crise qui a manqué de lui coûter la vie, Schumann écrit de plus en plus, et fonde la Neue Zeitchrift für Musik, gazette où il part en guerre contre les admirateurs de Rossini, les « philistins », tenant d'un ordre musical rétrograde et classique, que le romantisme allait rapidement emporter. Dans les Davidsbündlertänze op. 6 (marche des compagnons de David contre les Philistins), il met en scène les personnages de cette comédie. Ses articles sur Meyerbeer, alors au faîte de sa gloire, sont d'une ironie et d'une férocité rares chez un être aussi doux.
Clara Schumann à l'âge de seize ansDe cette époque aussi date son amour pour la petite fille d'autrefois devenue une belle jeune femme reconnue et adulée. Lorsque Clara revient de Paris en 1835, après une tournée triomphale, leurs sentiments respectifs s'affichent enfin au grand jour. Les mois suivants voient s'épanouir cette idylle charmante. Schumann compose le célèbre Carnaval, où il met en scène de nombreux personnages, dont sa jeune bien aimée, qu'il appelle Chiarina dans l'une des plus belles pièces. En 1836, Wieck prend soudain conscience que son enfant prodige, sa virtuose accomplie, va devenir une femme, peut-être abandonner sa carrière. De bienveillant et aimable, il devient possessif, féroce, et s'oppose au mariage déjà projeté, envoyant Clara à Dresde et interdisant toute communication entre les fiancés.
Pour Schumann, la période qui s'ouvre voit le désespoir succéder à l'espoir, l'euphorie à un accablement morbide, mais est aussi l'époque de ses œuvres pour piano, la Fantaisie, les Kreisleriana, la Sonate en fa dièse mineur... autant de douleur, de désespoir et d'amour, tous adressés à Clara. Trois ans durant, Wieck souffle le chaud et le froid, calomnie Robert et fait un chantage affectif permanent à sa fille, sans pour autant distendre leurs liens. Trois années de correspondance, et de projets de mariage. Pour satisfaire aux exigences de Wieck, Robert s'exile à Vienne quelques temps, et revient désillusionné par une ville alors superficielle et dédaigneuse. Enfin, en juillet 1839, les futurs époux adressent une requête au tribunal afin d'autoriser le mariage, qui sera finalement célébré le 12 septembre 1840.
De ce temps là datent aussi ses amitiés avec Frédéric Chopin et Franz Liszt, son admiration sans borne pour Félix Mendelssohn. Autant de musiciens qui, avec Bach, le marqueront durablement, et participent à l'épanouissement de sa carrière de compositeur.
Les années de maturité : Lieder, premiers essais orchestraux [modifier] L'année 1840 voit le début d'une nouvelle phase créatrice pour Schumann. La douleur des huit ans passés s'étant exprimée, parfois violemment, au piano, c'est naturellement vers les lieder qu'il se tourne, en cette heureuse année. Cent trente pour la seule année 1840. Lieder qui sont pour Schumann le moyen de nouer ensemble poésie et musique, ses deux passions. Il compose sur les textes de Heine, de Friedrich Rückert, de Goethe...
Alors que naît son premier enfant, en 1841, et que son couple s'installe dans un bonheur petit bourgeois, Schumann écrit pour la première fois une œuvre symphonique. Sa Symphonie du Printemps, ou Première Symphonie, qui sera créée par Felix Mendelssohn à la direction de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, mais aussi une Fantaisie pour piano et orchestre qui, quatre années plus tard, sera complétée de deux mouvements pour devenir le magnifique Concerto pour piano op. 54. Sous l'influence de Franz Liszt, il aborde aussi la musique de chambre en 1842. De cette année-là date son fameux Quintette op. 44, son Quatuor avec piano op. 47, puis bientôt, ses deux premiers trios (1847). Clara l'emmène malgré ses réticences lors de ses tournées, jusqu'à Saint-Petersbourg, Moscou même. Ces voyages ne font d'ailleurs aucun bien à un homme toujours très fragile, et désormais père d'une famille de plus en plus nombreuse.
Sa candidature à la succession de Mendelssohn à la tête du Gewandhaus de Leipzig est refusée au profit du compositeur danois Niels Wilhelm Gade. Le couple décide alors de s'installer à Dresde, où Schumann compose sa seconde symphonie, puis temporairement à Vienne, à Berlin, en 1846. Clara ne rencontre plus ses vibrants succès d'enfant prodige, et la rencontre de Robert avec Richard Wagner ne dépasse pas une froide sympathie d'estime. Trois ans plus tard, le couple, fuyant la révolution, se réfugie à Kreischa, puis, enfin, s'installe définitivement à Düsseldorf.
L'apogée et le crépuscule [modifier] À Düsseldorf, les Schumann semblent avoir enfin trouvé un cadre qui leur convient. La ville fait un accueil chaleureux aux deux musiciens, et malgré son inexpérience en matière de direction, les débuts de Schumann à la tête de l'orchestre sont concluants. Son attirance pour le «Vater Rhein», divinité tutélaire de l'Allemagne se manifeste dans sa Symphonie Rhénane, ou Troisième Symphonie op. 97, puis dans son Concerto pour violoncelle op. 129. L'année 1850 marque ainsi certainement l'apogée de la carrière du compositeur, enfin reconnu, enfin fixé et plus créatif que jamais. Cependant, depuis quelques temps, son instabilité nerveuse et ses phases dépressives dont il avait tant souffert durant les années 1830 lui laissent de moins en moins de répit. Avec frénésie, Schumann écrit sa Quatrième Symphonie, son troisième Trio, ses Sonates pour violon...
De plus en plus muré en lui même, vivant intérieurement une musique qui ne s'arrête jamais, Schumann a de plus en plus de mal à diriger un orchestre qui, livré à lui même, est vite en proie à une profonde anarchie. Une crise d'anémie cérébrale l'éloigne quelques temps du public. En 1853, Schumann doit démissionner de son poste, alors que, paradoxalement, il n'a jamais été aussi populaire en tant que compositeur. Profondément affecté, il songe alors à quitter la ville, mais la fin est proche, et il le pressent. En mai 1853, le couple entend le jeune violoniste de vingt-deux ans Joseph Joachim. C'est une révélation. Joachim, virtuose incomparable, et homme d'une grande bonté, apporte à Schumann un réconfort au soir de sa vie, que viendra parfaire un certain Johannes Brahms.
On raconte que lorsque, le 31 septembre, Robert entendit Brahms pour la première fois, il cria du bas de l'escalier à sa femme « Viens vite, Clara ! C'est un génie ! ». Autour de Brahms et Joachim, les Schumann goûtent à leurs dernières heures de joies conjugales. Le festival de Düsseldorf, organisé par les deux amis, est un triomphe complet. Joachim y crée le Concerto pour violon que Schumann lui a écrit en seulement onze jours, l'Ouverture qui couronne enfin un Faust qu'il avait commencé des années auparavant. Le Noël de l'année 1853, si heureux qu'il soit, est le dernier havre de paix pour Schumann. Ses Chants de l'Aube qu'il compose à cette époque sont sa dernière œuvre, qu'il dédie au piano, l'instrument de sa jeunesse, et de toute sa vie.
En février 1854, Schumann est repris par des troubles devenus habituels. Il entend sans cesse la note « la », a des hallucinations, des troubles de la parole. L'angoisse de devenir fou croît de jour en jour. Le 27, il sort de chez lui, en pantoufles, et, après avoir traversé ainsi Düsseldorf sous la pluie, se jette dans le Rhin. Repêché par des bateliers, il est éloigné de Clara qui attend un huitième enfant, et conduit à l'asile d'Endenich, près de Bonn, dont il ne sortira jamais plus. Il reçoit cependant des visites, de Brahms, de Joachim, s'imagine des voyages imaginaires sur un atlas. Ombre de lui même, enfermé dans un monde fantasmagorique de musiques et de fantômes qui n'est déjà plus celui des vivants, il ne compose plus. Le 23 juillet 1856, Schumann est mourant. « Il me sourit, écrira Clara, et d'un grand effort m'enserra dans ses bras. Et je ne donnerais pas cette étreinte pour tous les trésors du monde ». Le 29 juillet, dans l'après-midi, Schumann s'éteint définitivement, laissant derrière lui une œuvre gigantesque, et une vie de roman, qui le fera surnommer, plus tard, le Romantique des Romantiques.
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|  | |  | | PARTOTHEQUE | - Carnaval de vienne
- Air de chasse
- Allegro grazioso
- berçeuse de la poupée
- Pourquoi ? op.12
- Le soir op.12
- L'oiseau prophète op.82
- Rêverie op.15 extrait des sçènes d'enfants
- Papillons op.2
- Mélodie
- Marche militaire
- Le petit cavalier
- Le gai laboureur
- Fantasia op.17
- Carnaval OP.9
- Impromptu op.124
- Ich grolle nicht Op. 48 n°7 pour chant
- Romance Op. 28 n°2 pour piano
- Scènes d'enfants Op. 15
- Widmung - Op. 25 n°1 pour chant
- Études d'après les caprices de Paganini Op. 3
- Variations Abegg Op. 1
- Intermezzi Op. 4
- Impromptu Op. 5
- Davidbundlertanze Op. 6
- Toccata Op. 7
- Allegro en si mineur Op. 8
- Six études de concert d'après des Caprices de Paganini Op. 10
- Sonate en fa# mineur « Florestan und - Eusebius » Op. 11
- Fantasiestucke Op. 12
- Études symphoniques Op. 13
- Études symphoniques Op. 13b
- Sonate en fa mineur Op. 14
- Kreisleriana Op. 16
- Fantaisie en do majeur Op. 17
- Arabesque en do majeur Op. 18
- Blumenstuck en ré bémol majeur Op. 19
- Humoresque en si bémol majeur Op. 20
- Noveletten Op. 21
- Sonate n°2 en sol mineur Op. 22
- Nachstucke Op. 23
- Carnaval de Vienne Op. 26
- Trois Romances Op. 28
- Quatre pièces Op. 32
- Album pour la jeunesse Op. 68
- Quatre fugues Op. 72
- Quatre marches Op. 76
- Scènes de la forêt Op. 82
- Bunte Blätter Op. 99
- Fantasiestucke Op. 111
- Trois Sonates pour piano pour les jeunes Op. 118
- Albumblätter Op. 124
- Sept pièces en forme de fugue Op. 126
- Gesänge Der Frühe Op.133
- Thème en Mib majeur A10/9
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